l’Erasmus à Rome

Le 6 septembre 2017, quelques jours après avoir soufflé ma 20ème bougies, je débarquais à l’aéroport de Rome Fiumicino, seule et mes 40 kilos de bagages (1 valise faisant quand même 2 fois ma taille, je n’arrivais même pas à la pousser). C’était la première fois pour moi que je partais seule à l’étranger et pour une aussi longue période. Je me souviens encore de ce jour, et de la chaleur ressentie en descendant de l’avion. Sentiment partagé entre excitation et peur, sans savoir à ce moment que cette expérience allait changer le cours de ma vie…

Quelques mois avant mon départ, j’étudiais encore en licence d’économie et gestion en région parisienne. Je ne sais pas vraiment expliquer pourquoi, mais je voulais absolument partir à l’étranger pour ma 3ème année de licence. Peu importe où, il fallait que je parte !

Lors de la première réunion concernant les départs à l’étranger on m’a parlé de Rome comme destination possible. Alors je n’ai pas réfléchi une seconde de plus, c’était pour moi une évidence. J’avais fait en 2012 un voyage scolaire à Rome et ça avait été littéralement un coup de cœur et je souhaitais également apprendre l’italien. Je savais que personne d’autre n’était intéressé par cette destination, j’étais alors presque certaine d’être accepté. Mais tout n’a pas été aussi simple car l’accord avec l’université n’existait en fait plus. Je vous passe les détails mais j’ai pu finalement partir à Rome. !!!

J’ai donc effectué ma 3ème année de licence d’économie et gestion en Italie, à l’Université Roma Tre au sein de la « Facoltà di Economia e Studi Aziendali ». L’université est située au sud de Rome, dans le quartier d’Ostiense. Chaque année elle reçoit près de 550 étudiants en échange (autant dire que vous ne serez pas seule).

Le système universitaire italien

Pour commencer, commençons par le plus compliqué : comprendre le système universitaire italien. Si vous n’envisagez pas d’y étudier, passez directement à la suite ! sinon lisez attentivement ce qui va suivre.

Si vous souhaitez effectuer votre année Erasmus à Rome, accrochez-vous car c’est bien connu le Sud de l’Italie n’est pas la région la plus organisée d’Europe, mais cela en vaut la peine.

En effet, le système universitaire italien est totalement différent du nôtre. Le premier semestre ne commence que fin septembre/ début octobre et le deuxième début mars. Tout d’abord les étudiants ont la possibilité de choisir les matières qu’ils veulent suivre. (et même vous en tant qu’étudiant Erasmus). Ce que font tous les étudiants en début de semestre, c’est d’aller assister aux premiers cours qui les intéressent pour voir comment se déroulera l’examen, le programme du cours et ensuite ils choisissent les matières qui leur plaisent. Il arrive aussi très souvent que plusieurs des matières choisies se déroulent aux mêmes horaires. Il faut donc choisir quelle matière vous décidez de suivre ou laquelle peut se faire le plus facilement sans assister au cours.  Oui, car vous n’êtes pas obliger d’assister au cours, puisque ce sont majoritairement des cours magistraux. Ainsi les étudiants peuvent choisir de fréquenter le cours ou non. Généralement les professeurs proposent des sujets ou modalités d’examens différents pour les étudiants qui ont fréquenté le cours tout le long du semestre cela peut être par exemple des projets de groupe qui peuvent rapporter des points sur la note finale d’examen, moins de questions à l’examen, un programme de révision plus allégé, ou des « esoneri » ou « pre apelli », c’est-à-dire un ou deux examens au cours du semestre ou bien un examen écrit à la fin du semestre (si celui-ci est réussi pas besoin de se présenter pour les examens) ; avant que la session d’ « appeli » (la session des examens oraux) ne commence officiellement.

En effet, en Italie les examens sont généralement oraux, il y a trois dates possibles pour chaque session, trois sessions dans l’année (une session hivernale en janvier-février, une session estivale juin-juillet, et même une en septembre avec seulement une date d’examen). Vous avez bien compté, cela fait 7 possibilités dans l’année pour valider une matière. Cependant, contrairement à la France, la compensation des notes n’existe pas. Il faut avoir minimum 18/30 pour valider une matière et donc obtenir les crédits. Sachant que 18 est la note minimale, les italiens ont la possibilité de refuser la note obtenue et de repasser l’examen à la date de leur choix pour tenter d’obtenir la note maximale de 30/30. Il est très commun que les étudiants obtiennent la note de 30/30. Il est même possible d’avoir plus de 30, avec le 30 Lode (un peu comme des félicitations du jury).

On a presque terminé la partie plus complexe. Pour obtenir une licence par exemple (« il triennale » en italien) ils doivent avoir validé, comme en France, 180 ECTS. Cependant, Etant donné qu’ils sont totalement libres dans les choix des matières et des dates d’examens, ils ne sont pas obligés de valider 60 ECTS à l’année mais choisissent un peu comme ils le souhaitent, cela peut donc prendre parfois bien plus que trois ans. Une fois les 180 ETCS obtenus, ils doivent rédiger une sorte de thèse, et enfin peuvent obtenir leur diplôme. Ils choisissent également leurs dates de « Laurea » (d’obtention de diplôme) possible tout au long de l’année. S’ils sont diplômés de la licence en décembre ou février par exemple ils peuvent s’inscrire directement pour le master et commencer au second semestre. Il n’est pas rare de rencontrer des étudiants ayant obtenus une licence en 5 ou 6 ans. La moyenne d’âge des étudiants est donc bien plus élevée que celle des français.

Continuons sur l’organisation d’un examen. Tout d’abord vous devez impérativement vous inscrire vous-même pour chaque examen en choisissant la date sur un site internet spécialisé. L’Italie n’est pas connue pour ses qualités organisationnelles, les examens écrits lorsqu’ils doivent commencer à 9h ne commencent jamais à l’heure (ou bien très rarement, si cela se produit c’est qu’il s’agit sûrement d’un professeur non italien).  Le point positif des écrits est que les copies sont souvent corrigées rapidement, parfois dans la journée et nous pouvons aller demander la note et voir notre copie le jour même, ensuite nous avons la possibilité de parler directement avec le professeur de nos erreurs (et même de négocier quelques points).

Les oraux sont très particuliers, un peu dérangeant au début lorsque nous ne sommes pas habitués. Tous les étudiants sont convoqués à la même heure, dans la même salle. Le professeur commence à faire l’appel de tous les étudiants qui se sont inscrits pour passer l’examen. On rentre dans la salle et les auditions commencent. Un, voire plusieurs étudiants, passent à l’oral pendant que tous les autres sont assis dans la salle, à écouter, à parler. Lorsqu’on y assite, cela n’a pas vraiment l’air d’être un examen. Certains étudiants peuvent assister à l’oral simplement pour voir comment cela se passe, ou les questions qui y sont posés. Lorsque notre nom est appelé, on passe l’oral avec soit l’un des assistants du professeur soit le professeur ou bien les deux à la suite. La porte est toujours ouverte, des personnes entrent et sortent de la salle un peu comme dans un moulin pendant que les étudiants sont en train d’être interrogés. L’examinateur peut vous demander de quoi vous voulez parler ou bien vous pose directement une question. Vous parlez. Il s’ensuit une discussion avec le professeur, on vous pose quelques questions. On vous donne une note directement. Si vous l’acceptez, vous signez. Et c’est fini ! Il faut tout de même s’armer de patience car tous les étudiants doivent se présenter à la même heure. Par exemple, lors d’un de mes examens, l’oral était censé commencer à 9h, le professeur est arrivé aux alentours de 9h30 (situation tout à fait ordinaire en Italie), le temps ensuite de s’installer, de faire l’appel, j’ai été appelé à 12h (je ne suis pourtant qu’à la lettre D, je vous laisse imaginer les étudiants en fin de liste).

Concernant le contenu des cours, ils restent tout de même très théoriques et manque selon moi de pratique.  Très peu d’étudiants prennent des notes pendant les cours, ni n’utilisent d’ordinateur car pour chaque matière le cours s’appuie sur un ou plusieurs livres, que l’on est censé acheter, et lire bien évidemment. Un budget pour l’achat des livres est donc à prévoir. Cependant, pour minimiser les coûts, près de chaque faculté il existe des « copisteria», des endroits où il est possible d’acheter les livres en version photocopiée (ce qui est totalement illégal mais très répandu). Vous avez besoin du livre de marketing de 450 pages coûtant 55 euros de Monsieur Pratesi. Il suffit d’entrer. De dire que vous avez besoin du livre pour le cours de licence de marketing en précisant le nom du professeur. Dix minutes plus tard vous ressortez avec le livre imprimé, relié, pour 14 euros.

Les livres font chacun minimum 400 pages et peuvent aller jusqu’à 1000 pages, donc quand ce n’est pas notre langue maternelle et qu’en plus nous devons apprendre et retenir, ce n’est pas toujours facile. Par chance, certains étudiants mettent aussi à disposition des résumés fait par leurs soins ou prises de notes sur le groupe facebook de la fac ou que vous pouvez également acheter en « copisteria » (un vrai business). Les résumés (riassunti) ou prises de notes (appunti) sont très utiles pour nous étudiants étrangers car ils permettent d’avoir un support écrit du cours et nous facilite énormément le travail. Il n’est pas toujours facile de prendre des notes en écoutant un professeur dans une langue étrangère, surtout lorsque celui-ci parle vite ou avec un accent particulier.

Selon moi la charge de travail reste tout de même plus faible qu’en France. Un cours magistral dure en moyenne entre 1h et 1h30, deux ou trois fois par semaine pour chaque matière. En suivant quatre matières, je n’avais pas plus de 16h de cours dans la semaine. (Propos à nuancer, cela dépend peut-être de l’université et de votre domaine d’études). En réalité la lecture des livres n’est pas forcément indispensable c’est simplement ce que l’on vous fait croire pour que vous achetiez le livre (généralement écrit par votre professeur). Personnellement j’ai réussi à valider tous mes examens sans avoir lu aucun livre. Je pense avoir tout dit sur les études en Italie. Si vous avez des questions n’hésitez pas en commentaires !

La vie d’un étudiant Erasmus à Rome

Pourquoi choisir Rome ?

C’est bien connu, Rome est un véritable « musée à ciel ouvert ». Autant dire qu’il y a de quoi faire. Il est impossible de s’y ennuyer. Je vous évite la liste des monuments les plus célèbres mais à souligner quand même qu’il s’y trouve l’une des 7 merveilles du monde (le Colisée), d’incroyables vestiges (le Forum, les Thermes de Caracalla, le circo Massimo…), le Saint Siège (Vatican) ainsi que de nombreux quartiers méconnus des touristes que vous découvrirez avec joie, de magnifiques parcs et villas idéale pour se reposer loin de l’agitation du centre villes.  Bref, la ville n’aura jamais fini de vous surprendre.

Rome est située à un point stratégique, plus ou moins au centre du pays ce qui permet de voyager dans la région et dans tout le pays facilement. L’Italie compte 51 lieux dans la liste du Patrimoine de l’Humanité de l’Unesco, dont le centre historique de Rome, de Florence, la Villa d’Hadrien et villa d’Este à Tivoli (à 40 minutes de Rome), les sites archéologiques de Pompéi et Herculanum près de Naples (1h30 de train), la côte amalfitaine et bien plus encore. Le Bel Paese n’aura pas fini de vous étonner. De Rome vous pouvez être en deux heures à Naples pour déguster les meilleures pizzas du monde (rappelons que la pizza est quand même née à Naples).

Parlons météo, Le climat à Rome est méditerranéen. L’hiver est assez doux. On a toujours besoin des lunettes de soleil, même en hiver. Exceptionnellement, l’année où j’y étais nous avons eu droit à la neige ce qui n’était pas arrivé depuis 2012. Dès le mois de mai, et début juin il commence à faire très chaud. Mais l’avantage de Rome c’est qu’il y a la plage juste à côté

Parlons maintenant plus sérieusement,

Vous êtes en Erasmus pour sociabiliser, faire des rencontres. N’ayez pas peur d’aller vers les autres. Pour vous aider, il y a l’association ESN présente à Rome et au sein de Roma Tre. (Mais aussi dans presque toutes les autres villes en Europe). C’est une association à but non lucratif qui organise un tas d’évènements pour tous les étudiants étrangers. Cela peut être tous types d’évènements. Ils organisent les semaines d’intégration à chaque début de semestre, les soirées, sorties culturelles, visites guidées dans la ville, voyage d’une journée dans les alentours de Rome (festival du vin de Marino, les Thermes de Saturnia), ainsi que des voyages (à Naples, en Toscane, en Sicile). L’association se charge aussi du rendez-vous immanquable du lundi soir appelé le « Sexy People Monday ». Il s’agit d’un aperitivo italien (chef d’œuvre de la culture gastronomique italienne) : pour 6 euros, une boisson au choix et le buffet à volonté accompagné d’une animation (karaoké, jeux…). Au printemps commencent les pique-niques et dès le mois de mai les journées à la plage (car de notre université, en prenant le train pour Ostia à partir de la Basilica San Paolo, la plage n’est qu’à 25 minutes). Ce n’est pas la plus belle plage de Rome mais c’est tout de même très pratique lorsqu’il commence à faire 35 degrés début juin et que nous sommes à la recherche de fraicheur. Pour des plages de meilleures qualités, plus propres, à l’eau plus claire, il faut aller un petit peu plus loin, au Nord de Rome ou bien plus au Sud entre Rome et Naples, des plages accessibles en une heure de transport.

Au bout de 10 mois, la routine est installée, et on ne veut pas rompre nos chères habitudes et les plaisirs quotidiens tels que le café matinal au bar du coin, la glace à 17h, l’aperitivo avec son buffet à volonté du lundi ou bien le « Chiringuito » du mercredi soir et les botellons au métro Piramide (enfin pour les deux derniers, vous ne pourriez comprendre ce dont il s’agit seulement si vous faites un Erasmus à Rome, je vous laisse une part de découverte).

L’Erasmquoi?

En 2017 je partais pour un an d’étude à Rome en Italie grâce au programme Erasmus. Depuis le début du programme, plus de 9 millions de personnes ont «fait Erasmus ». Mais l’Erasmus qu’est-ce que sais ? 

Appelé depuis 2014 « Erasmus + », l’Erasmus est un programme de mobilité vieux de 30 ans (crée en 1987) qui permet à des étudiants de pouvoir étudier ou de faire un stage pendant un certain temps dans un autre pays. Aujourd’hui beaucoup plus démocratisé, le programme s’est élargi. En effet, en plus des étudiants à l’université, les professeurs, apprentis, lycéens sont concernés.

Pour les études il est possible de partir seulement à partir de la deuxième année d’études supérieures. La mobilité est de 3 moins minimum jusqu’à 12 mois par cycle d’études. Cependant d’après mon expérience personnelle, je conseillerais de partir un minimum de 6 mois (un semestre) et même un an. Je vous explique dans un autre article pourquoi.

Où partir ?

34 pays au total font partie aujourd’hui du programme :

  • Les 28 Etats membres de l’Union européenne + Islande, République de Macédoine, Serbie, Norvège, Turquie et Lichtenstein.

Le programme Erasmus+ fonctionne grâce à des accords signés entre ton établissement et d’autres établissements étrangers.  Pour savoir où exactement tu peux partir, renseignes toi auprès des relations internationales de ton établissement ou sur le site internet). Malheureusement tu ne peux pas partir dans n’importe quelle université et dans n’importe quel pays. Enfin ça c’est en théorie…si jamais tu ne trouves pas chaussures à ton pied avec les accords que proposent ton école, je te donne des alternatives dans cet article.

Il est évidemment possible de partir hors Europe. Dans ce cas-là, d’autres programmes d’échanges existent.

Comment partir ?

On arrive à la partie sûrement plus complexe, mais je vous assure que le jeu en vaut la chandelle. Ne vous laissez pas décourager par toutes les modalités administratives. 

Tout d’abord il s’agit souvent de votre établissement d’origines qui décide ou non de vous laissez partir. Les modalités de sélection sont donc propres à chaque établissement. Souvent en début d’année des réunions spéciales « mobilités internationales » sont organisés. Sinon rendez-vous aux services des relations internationales pour avoir plus d’informations. Souvent on veut demandera de préparer un petit dossier avec lettre de motivation, CV, vos vœux de destinations. Parfois des entretiens sont demandés pour évaluer le niveau de langue par exemple. Une fois que votre établissement d’origines vous accepte, ils envoient votre dossier à l’établissement d’accueil (du pays étrangers). De là vous recevrez votre lettre d’acceptation de la part de l’université d’accueil et d’autres informations pouvant être utiles. Et voilà on va dire qu’une fois accepter le plus dur est fait. Vous pouvez faire vos valises ! Dans le prochain article, je vous parle plus précisément de mon expérience personnelle, dans la ville de Rome 😉

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